Je me réveille chaque nuit, chaque nuit, à cinq heures du matin ou un peu avant, avec ce bourdonnement accéléré dans mon crâne, et toutes ces pensées à la dérive, ce sentiment de solitude mêlé de désirs fous, peut-être inextinguibles… Ça met longtemps à se calmer, ça ne veut pas comprendre qu’il faut que ça se calme… que ça se taise un peu… La nuit ainsi pour tout sommeil j’ai des éclairs blancs qui me traversent et me tiennent debout, à moitié debout, avec ce trou dans le ventre qui se creuse, se creuse encore… Je ne sais plus parler, ne peux plus parler comme ça, seulement écrire ou voir des images très belles, très claires… une déchirure intra nerveuse, comme un effort atroce et inévitable…
Et ce n’est pas le problème, tomber amoureuse de quelqu’un, mais savoir quoi faire de cet amour, comment le donner, comment sortir de la désolation – une magnifique torture dont peut-être je ne sais pas me passer… Et peu importe ce qu’ils en pensent, peu importent les jugements sur moi… C’est comme si, oui, comme si j’essayais à toute force de séparer ma vie en plusieurs morceaux, une mosaïque un peu bancale mais sublime – pour peu que l’on veuille bien prendre la peine de la regarder, et cesser d’avoir peur des rencontres merveilleuses que la vie jette en travers de notre route comme des illuminations offertes pour rien.
